La décision de passer du moulage en uréthane au moulage par injection ou au moulage sous pression constitue un tournant stratégique majeur dans le cycle de vie d’un produit. Elle est principalement déterminée par le volume, le coût unitaire et les exigences en matière de matériaux. Le moulage en uréthane est inégalé pour le prototypage et la fabrication en petite série, avec des volumes typiques de 25 à 500 pièces. La transition devient pertinente lorsque les volumes projetés dépassent cette plage et que l’économie des outillages rigides devient favorable.
Le facteur le plus déterminant est le volume de production annuel et total. Le moulage en uréthane présente un faible coût initial mais un coût unitaire élevé et relativement constant, en raison du travail manuel et de la durée de vie limitée des moules. À l’inverse, le moulage par injection et les procédés de moulage des métaux nécessitent un investissement initial important dans des outillages et moules en acier. Cependant, ce coût est amorti sur un nombre de pièces bien plus élevé, ce qui se traduit par un coût unitaire nettement inférieur à grande échelle. Une analyse détaillée des coûts mettra en évidence le « point de bascule » — la quantité à partir de laquelle le coût total de l’outillage rigide devient inférieur au coût cumulé de la poursuite du moulage en uréthane. Pour de nombreux projets, ce seuil se situe entre 500 et 1 000 unités.
Les résines d’uréthane sont d’excellents matériaux de simulation, mais elles ne peuvent pas reproduire exactement les performances des thermoplastiques techniques ou des métaux. Si votre produit final exige un matériau de moulage spécifique et certifié — tel qu’un ABS ignifugé, un polypropylène résistant chimiquement ou un métal à haute résistance — la transition devient indispensable. Cela est particulièrement critique lorsque les pièces sont soumises à des contraintes réelles, à des températures extrêmes ou à des exigences réglementaires que les pièces en uréthane ne peuvent pas satisfaire. Par exemple, si votre application nécessite la conductivité thermique ou l’intégrité structurelle du métal, il faudra passer au moulage sous pression de l’aluminium ou au moulage sous pression du zinc.
La transition implique un changement de calendrier et de planification financière. Le moulage en uréthane permet d’obtenir les premières pièces en quelques jours ou semaines. En revanche, la conception, l’usinage et la qualification d’un moule en acier pour le moulage par injection ou le moulage sous pression peuvent nécessiter de 8 à 16 semaines. Ce délai initial constitue un investissement nécessaire pour la production de masse. La décision dépend de la capacité de l’entreprise à supporter cette dépense en capital et ce délai de mise sur le marché, en échange des avantages à long terme d’une production évolutive et rentable.
Une règle fondamentale est que la conception doit être finalisée à 100 % avant la fabrication d’un outillage rigide. Toute modification de la pièce après l’usinage du moule en acier est extrêmement coûteuse et chronophage. C’est pourquoi le moulage en uréthane joue le rôle d’étape finale de validation. Il permet de réaliser des essais fonctionnels complets, des tests utilisateurs et de recueillir des retours marché à l’aide de prototypes à haute fidélité. Une fois la conception vérifiée et figée, le risque lié à l’investissement dans l’outillage de production est considérablement réduit.
En résumé, il est recommandé de faire passer votre projet du moulage en uréthane au moulage par injection ou au moulage sous pression lorsque : votre volume de production dépasse 500 à 1 000 unités par an, une analyse des coûts confirme un coût total de possession inférieur, l’application exige des matériaux de qualité production et la conception de la pièce est entièrement finalisée et validée.